Toilettes sèches

1- Toilette à compostage externe

2 - Toilette à déshydrateur des excréments

3 - Toilette à lombricompostage

4 - Site à visiter pour en savoir plus

 

 

A-Préambule :

Les toilettes sèches, aussi appelées toilettes à compost, toilettes à litière (sèche) ou TLB (Toilettes à Litière Biomaîtrisée), sont des toilettes qui n'utilisent pas d'eau. Il est donc possible de récupérer les excréments pour en faire du compost ou de la biométhanisation.

I           l en existe deux types principaux, celles où les selles et l'urine sont mélangées (la fermentation commence dans le logement) et celles où elles sont séparées (le compostage est initié une fois le bac à crottes sorti).

Dans les pays occidentaux, environ 35 % à 40 % de l'eau potable passe à l'égout, principalement dans les zones urbanisées, la fosse septique étant plus courante dans les zones rurales. L'intérêt des toilettes sèches, outre le fait de ne pas utiliser d'eau du tout, est aussi de recycler/valoriser des matières qui habituellement sont rejetées à l'égout et nécessitent des opérations d'épuration des eaux usées. Elles deviennent ainsi une alternative raisonnable aux toilettes chimiques.

B-D’une manière générale les avantages sont :

  • Économie d'eau : Les toilettes sèches comme alternative à la chasse d'eau évitent le gaspillage de trois à douze litres d'eau potable à chaque utilisation.
  • Respect du cycle de l'eau : Les selles se dégradent mal dans l'eau. Bactéries et substances chimiques que nous rejetons nécessitent un traitement plus long pour être aussi inoffensives que l'eau grise (eau de lavage). Donc la chasse d'eau des WC augmente considérablement la charge des stations d'épuration en volume et en puissance. Dans le cas d'un traitement par bassins plantés (lagunage) des eaux grises, l'usage de toilettes sèches permet de diminuer le nombre de bassins successifs et de simplifier le traitement, le rendant accessible aux maisons individuelles.
  • La constitution d'une ressource naturelle
    • Soit sous la forme d'un amendement organique de qualité à partir des déjections permettant de restituer à la terre les éléments qu'on en a retirés. Ceux qui cultivent un jardin trouvent directement une utilisation à leur compost, sinon un voisin jardinier ou cultivateur pourra en tirer parti.
    • Soit sous la forme matière organique à biométhaniser, c'est-à-dire, produire un (bio-)gaz qui sera valorisé pour produire de l'électricité ou du chauffage ou les deux (cogénération). Il existe aussi des cas où le gaz alimente un parc automobile adapté.
  • Absence de bruits générés par la chasse d'eau et pas de problème de gel dans le cas de toilettes extérieures dans les pays froids.
  • Pallier des problèmes d'épidémies (problème très important dans les pays dits en voie de développement où les populations utilisent des latrines qui contaminent les nappes phréatiques).
  • Réduction des problèmes d'eutrophisation : éliminés par des toilettes à eau traditionnelles, les selles et urines libèrent des quantités importantes d'azote de phosphore dans l'eau, participant ainsi de manière sensible à la dégradation des écosystèmes aquatiques.
  • Réduction des pertes de phosphore pour les écosystèmes : une partie du phosphore évacué par les eaux finit par sédimenter et devient inaccessible aux êtres vivants, ces pertes ne sont pas compensées par la production minière : le cycle du phosphore est ouvert. Les toilettes sèches contribuent ainsi à limiter la raréfaction du phosphore dans la biosphère.

C-Les inconvénients :

  • Les réticences vis-à-vis des toilettes sèches sont principalement dues à un blocage culturel.

Les différents types de toilettes sèche :

1Toilette à Compostage externe

Ce type de toilette est le plus simple. Il consiste à mélanger aux matières organiques (selles et urine) et au papier, un broyat de végétaux secs tels que des copeaux, de la sciure de bois et/ou de la cendre, de façon à obtenir un équilibre carbone/azote dans le mélange et à bloquer la fermentation anaérobie ce qui permet le démarrage du compostage. La présence de l'eau apportée par l'urine participe à la constitution d'un mélange apte à se décomposer ; l'absence d'odeur dépend aussi de l'humidité du mélange, un excès entrainant une décomposition anaérobie et malodorante dans le fond.

Ce type de toilette à compostage externe ce réalise en vu d’utiliser ce composte pour les cultures. Ce système, à l’avantage d’être peu onéreux, facile à mettre en œuvre et respectueux de l’environnement.

Même si son coût est modique, il faut s'approvisionner en sciure ou en végétaux sec et les stocker à proximité des toilettes. Dans le cas de copeaux ou de sciure, il faut de plus s'assurer qu'ils ne proviennent pas de bois traités afin de ne pas contaminer la terre via le compost (les produits de traitements n'étant que très partiellement biodégradables). Par an, prévoir un à deux mètres cubes de « matière sèche » pour un ménage de trois-quatre personnes. Cet inconvénient peut être évité en utilisant un système à compostage direct.

Le compostage nécessite un lieu adéquat à l'extérieur du logement. La toilette sèche est donc plus appropriée aux zones rurales et péri-urbaines.

Il est à noter, que quand une personne est sous traitement médicamenteux, comme des antibiotiques par exemple, il est préférable que cette personne n’utilise pas ce type de toilette. Car, les médicaments se retrouvent dans les selles et ne sont pas compatible avec un composte « bio ».

2-Toilette à déshydratateur d’excréments

Avec ce système l'urine est séparée des matières fécales par l'utilisateur. Ce système accélère la déshydratation des excréments en tirant parti de l'énergie solaire pour chauffer et de l'énergie éolienne pour la ventilation. Une fois déshydratés les excréments forment un déchet neutre qu'il faut évacuer régulièrement (après quelques mois à plusieurs années selon l'utilisation) puis traité en fonction des règles d'assainissement locales. L'urine étant séparée, elle doit aussi être spécifiquement traitée.

Les avantages sont une utilisation très similaire aux toilettes à eau et est mieux accepté du public. Par contre le système est onéreux, techniquement pas facile à mettre en œuvre, car L'urine nécessite, soit d'être épandue soit d'être retraitée. Et n'est pas respectueux de l'environnement étant donné les coûts de fabrication, de maintenance et l'eau nécessaire pour diluer l'urine

3-Toilette à Lombricompostage :

Avec le système de toilette à lombricompostage, il est nécessaire de séparer l’urine des matières fécales. Les matières fécales sont traitées par les lombrics  et l’urine est traitée a part.

Avec ce système les lombrics transforment les matières organiques et en réduisent le volume de manière très considérable.

L'urine, qui est de l'eau contenant de l'azote, des minéraux et résidus, est un engrais. Elle doit-être valorisée avant son altération par oxydation. Pour cela il faut la diluer dans l'eau. Pour un jardin potager, on limite le taux d'urine à environ 10%, mais cela dépend des plantes, leurs besoins étant très différents.

Ce système à l’avantage de produire du terreau de très bonne qualité.

 
Pour plus d’informations voir les sites :
- http://www.terreau.org/  Un site pratique et pédagogique à visiter impérativement !

 
- http://www.ecosanres.org/  -Sur ce site, vous trouverez un dossier très complet sur les toilettes sèches, de Peter Morgan (A Simple Builder's Manual Concept Explained and Methods of Toilet Construction) notamment sur la réalisation d’une toilette sèche avec séparation d’urine (TSSU) avec un seau en plastique et c’est en français !

- http://www.eautarcie.org/                       
                                 
- http://toilettes-seches-a-separation.fr/