Le toit végétal


 
Structure :
    Un toit végétal est plus pesant qu’un toit classique. Au poids, un toit végétal à sec, de 30 cm d’épaisseur, pèsera à peu prés 35Kg au mètre carré. Une fois chargé d’eau ou de neige il pèsera entre 80Kg et 180Kg au mètre carré ce qui pour une structure classique est encore un poids moyen. Les différences climatiques ont une importance majeure sur la construction de la structure. Dans les pays nordiques, la neige représente beaucoup de poids en période hivernale, par contre, dans les pays sahéliens ou il pleut peu, la structure du toit ne subira peu de variations de poids. On ne peut donc établir de règle universelle et l’on doit donc adapter la structure du toit en fonction du lieu de construction.

 

Exemple de structure adaptée aux pays nordiques :

    Une structure de 2 pouces (5cm) par 8 pouces (20cm) espacées de 16 pouces (40cm) centre/centre avec une portée de 12 pieds (3,70m) pourra, sans stress important, porter des « charges lourdes ». En termes de solives, on essaiera d’avoir des solives dont la hauteur en pouces égalera entre 75% et 100% de la portée à couvrir en pieds.

    On posera donc des 2 pouces (5cm) par 10 pouces (25cm) pour des portées de 10 (3,05m), 12 (3,70m) et 14 pieds (4,30m); au-delà de 14 pieds et jusqu’à 18 pieds (5,50m) on posera des 2 pouces (5cm) par 12..pouces (25cm)

    En ce qui concerne les pays tropicaux et les pays au climat aride  (peu de pluie) la structure pourra être plus « légère », car moins sollicitée  par un surpoids d’eau ou de neige. De plus, en fonction de la composition de la partie végétale du toit, le poids au mètre carré varie énormément.

 
Pente du toit :
    La pente du toit sera de l’ordre de 5% ou de 1 pouce au pied (5cm tout les 30cm). On peut aller à 10% sans trop de risque, ce qui revient à 2 pouces au pied (10cm tout les 30cm).

 
 Couverture du toit :
 
     La couverture du toit, qu’elle soit en planches, en contre plaqués, en aspenite (panneau de copeaux) etc.. est là pour assurer une surface plane (il faut s’assurer qu’aucun clous ou broches ne dépassent) car sur cette couverture on posera  soit du polythène noir, soit de la bâche à serre, prenez de la qualité supérieure ! ( à utiliser que en pays "chaud" car la bache ce dégrade avec le gel) soit de la bâche de jardin (EPDM) utilisée pour faire des petit étangs (ne prenez pas de bâche PVC car elles se dégradent avec le temps et est très polluantes pour l’environnement) soit des membranes pour étanchéité de fondation (Delta MS) En rouleau de 2 m de large minimum.
 
 Bordure du toit :
 
    Afin de retenir la partie « terre/composte du toit et d’éviter qu’elle s’effrite prés des bords, on à plusieurs options.
1 -  Vous pouvez déposer sur le contour du toit, des bûches ou des troncs d’arbres (choisir du bois léger  et si possible poreux. Pas de clous ils tiendront au poids et feront une bonne barrière poreuse. En pourrissant avec le temps ils s’incorporeront avec le toit.
2 – Vous pouvez déposer des pierres plates. Un rang de pierres, aplaties au moins sur un coté, et d’une taille et d’un poids assurant qu’elles resteront en place.
    Dans ces deux options la partie « terre » du toit devra être en pente douce sur les bords.
3 – On peut faire un coffrage en planches, que l’on aura au préalable percées de trou, pour faciliter l’évacuation de l’eau. Ce coffrage sera posé et non cloué. Le coffrage peut être « amarré »  au toit (corde, chaine, fil de fer grosse section, etc.) Les attaches de cette « amarrage » se feront sur le dessous du toit.
 
Bordure du coté bas de la pente du toit :
 
    Cette partie du toit, est très importante car la presque totalité de l’eau s’écoulera par là. Le toit sera prolongé d’au moins 60 cm (24 pouces) et l’installation d’une gouttière pour l’évacuation (récupération) de l’eau  évitera d’inonder les fondations de votre maison.
    Un drain sera installé, afin d’éviter la rétention d’eau sur la partie basse du toit. La bordure doit être faite avec attention. On peut combiner  ave une planche percé de trou d’évacuation soutenue par des pierres plates d’un poids assurant qu’elles resteront en place. Placez cette bordure juste au dessus des poteaux qui soutiennent le toit et pas  à coté, au risque de déformer votre toit. Car c’est la partie du toit qui sera le plus sollicité par des variations de poids.

 
Drain :
 
     Un drain est un  couloir  qui permet l’évacuation (récupération) de l’eau. Ce couloir  est constitué de gravier et de caillou. Le coté du  couloir  par ou proviens l’eau est perméable mais il doit empêcher la terre de venir obstruer le drain. Vous pouvez employer du géotextile, ou faire tout le long du couloir  une barrière de branchage de 30 cm de large (section de 10 à 15cm sur la partie inférieure et de 1 à 5 cm sur la partie supérieure). Le fond et le coté du couloir opposé doit empêcher l’eau de passer, utilisez le même matériel que vous avez utilisé pour la couverture du toit. Il ne reste plus qu’à canaliser et évacuer (récupérer) l’eau aux deux extrémités du couloir. Afin d’éviter une rétention d’eau au milieu du couloir, on peut en décaler le centre vers le haut de 10 à 15 cm, cela créera une pente qui amènera l’eau vers les extrémités du couloir.
 

Partie « terre » du toit :
 
    La partie « terre » du toit dépend, en premier lieu du climat que le toit devra supporter tout au long  d’une année. En second lieu des types de « matériaux » disponibles. Et enfin, du type de végétation que l’on veut implanter sur le toit.
    Voici, quelques exemples de « mise en terre» de toit :
 
1 – Exemples pour les pays tempérés et pays aux climats « froids » (neige et température descendants en dessous de -10 à -20 degrés)
A)
Couche du haut : 20cm environ = compost / terre
Couche de 10cm environ = déchets alimentaires / végétaux non décomposés (feuilles, herbe…)
Couche de 15cm environ = végétaux décomposés
Couche de 15cm environ = brindilles, petites branches, tiges de cardons, paille de céréales (blé, maïs, riz…)
Couche du bas : 15cm environ = terre

 
B)
Couche du haut : 20cm environ = terre / compost

Couche du bas : 30 à 50cm = botte de paille / blé, riz, maïs…
 
2 – Exemple pour les pays tropicaux
Couche du haut : 20cm environ = compost / terre
Couche de 15cm environ = brindilles, petites branches, tiges de cardons, paille de céréales (maïs, amarante…) + terre / compost ou fumier (bouse de vache)
Couche de 15cm environ = bourre de coco ou branches sèches de 5 à 10cm de diamètre.
Couche du bas : 15cm environ = branches sèches de 5 à 10cm de diamètre + bourre de coco.

La hauteur de la partie « terre » devra être comprise entre 40 cm et 60 /70 cm environ, suivant le type de matériaux utilisés et suivant la capacité de charge de la structure du toit.

 

La végétalisation du toit :

On peut mettre ce que l’on veut comme végétaux, des plantes ornementales, des plantes potagères, des céréales, de la friche, etc.

Le choix des plantes doit néanmoins tenir compte du système racinaire de ces plantes et de l’épaisseur du toit utile à la plante. Car si votre toit fait 50 cm d’épaisseur, on ne peut implanter que des végétaux dont le système racinaire ne dépasse pas 50 cm. Le mieux est de garder une marge de 10 à 15 cm, et d’implanter des végétaux qui auront un système racinaire de 40 cm max. Ceci afin que les plantes se développent correctement.

De plus, pour avoir un toit végétalisé toute l’année implique soit une rotation des plantes, soit de laisser en jachère le toit une partie de l’année, soit de planter des plantes vivaces.

Il est à noter que si vous implantez des plantes mellifères, vous aurez des abeilles qui viendront butiner, cela peut être une nuisance au quotidien, ou une opportunité. A vous de voir !